LES PYRENEES :
Majestueuse barrière
dressée entre l'Europe continentale et la «presqu'île
» ibérique, cette chaîne a pour limites, de la Méditerranée
à l'Atlantique, les «pays » catalan et basque. La France
et l'Espagne, séparées par une frontière fixée
depuis 1659 sur la ligne de faîte, excepté l'enclave de la
principauté d'Andorre, se partagent et exploitent très inégalement
un espace montagnard dont la reconversion vers le tourisme ne supporte
pas la comparaison avec ce qu'offrent aujourd'hui les Alpes.
La chaîne des Pyrénées
Entre le Bassin aquitain,
au nord, et le bassin de l'Èbre, au sud, la chaîne des Pyrénées
est longue de 430 km sur le versant français et de 510 km du côté
espagnol. Elle est assez étroite : la largeur, portée à
63 km entre Saint-Jean-de-Luz et Pampelune, atteint 140 km dans la partie
centrale. Culminant à 3 404 m au pic d'Aneto (Espagne ), dans le
massif de la Maladetta, elle présente une double dissymétrie
d'ordre topographique.
Le versant septentrional
est étriqué et raide. Depuis Pau, la chaîne apparaît
comme une barrière rectiligne. Le versant méridional, plus
élevé, est plus large, ce qui ménage une descente
progressive dans le bassin de l'Èbre. À l'ouest du pic d'Anie
(2 504 m ), les Pyrénées s'abaissent rapidement vers le golfe
de Gascogne. À l'autre extrémité, en Catalogne, la
chaîne s'abîme dans la Méditerranée.
Le réseau hydrographique,
dense, souligne ce dispositif. La plupart des cours d'eau sont perpendiculaires
à la chaîne, de part et d'autre de la ligne de crête.
La vigueur des dénivellations explique leur parallélisme,
l'absence de hiérarchisation et la rareté des confluences
entre les grandes vallées (la Garonne reçoit l'Ariège
en amont de Toulouse ). Celles -ci, parcourues par des torrents, sont profondes
; elles prennent parfois la forme de gorges à la traversée
des contreforts de la montagne (Aude, Saison, Nive, Sègre ).
Relief
Du Canigou au pic d'Anie,
la zone axiale, très large, correspond au socle hercynien soulevé
par la compression et localement découpé en copeaux charriés
vers le sud. Au centre, elle offre une juxtaposition de pics dépassant
3 000 m et un dédale de hautes cuvettes cernées de crêtes
surplombant de profondes vallées. L'ensemble a été
sculpté par les glaciers quaternaires, qui ont laissé leur
empreinte sous forme de cirques en haute montagne, tandis que leur langue
élargissait les vallées avant de déboucher sur le
piémont (vallums morainiques d'Arudy et de Lourdes ). À l'est
du col de Puymorens, le modèle glaciaire a seulement affecté
les reliefs les plus élevés. Ainsi le Canigou et le Puigmal
dominent -ils des topographies lourdes, témoins d'une ancienne surface
d'aplanissement soulevée et disloquée. De gigantesques escarpements
de faille séparent ces surfaces des dépressions de Cerdagne,
du Capcir, du Conflent et du Vallespir. Au-dessus de la Méditerranée,
la zone axiale, brutalement abaissée, se réduit aux monts
Albères, zone de transition entre les bassins d'effondrement du
Roussillon et de l'Ampurdán.
À l'ouest du pic
d'Anie, la zone axiale, moins soulevée dans les massifs des Aldules
et de Cinco Villas, se rétrécit pour n'être plus représentée
que par des terrains primaires dans lesquels l'érosion différentielle
dégage des formes structurales (crêts ).
La zone axiale est bordée,
au nord comme au sud, par une bande de terrains sédimentaires, violemment
plissés et déversés. La zone sud-pyrénéenne,
la plus large et la plus haute, dépasse souvent 2 000 m de hauteur.
D'épaisses couches calcaires y forment tantôt d'impressionnantes
murailles (pic du Marboré ), tantôt les corniches vertigineuses
des massifs entourant la dépression synclinale de l'Aragon. Dans
la zone nord-pyrénéenne, les couches calcaires façonnent
le plateau de Sault et le crêt urgonien du front nord-pyrénéen,
qui domine les chaînons du Plantaurel et des Petites Pyrénées.
À l'ouest, les flyschs ont été modelés en collines.
La formation des Pyrénées
Les Pyrénées
sont une chaîne intracontinentale résultant d'un violent serrage
entre les môles rigides de la péninsule Ibérique et
la plaque européenne.
Il y a 100 millions d'années,
l'ouverture du golfe de Gascogne, lobe de l'océan Atlantique, provoqua
la formation de fossés étroits le long d'une grande faille
coulissant entre l'Ibérie et l'Europe. Des sédiments se sont
accumulés dans les fossés sur 5 000 m d'épaisseur.
À l'éocène,
il y a 40 millions d'années, l'Ibérie s'est rapprochée
de la plaque européenne. Les sédiments et leur substrat,
pris comme dans un étau, furent violemment comprimés, plissés,
poussés vers le haut et déversés en éventail
de part et d'autre de la zone de contact.
À l'oligocène,
il y a 28 millions d'années, avec l'ouverture de la Méditerranée,
une partie des Pyrénées a été engloutie sous
la mer. Un bombement survenu à la fin du tertiaire s'est accompagné
d'une tectonique cassante dans la partie orientale ; découpée
en horsts et bassins d'effondrement, celle -ci renferme d'épais
dépôts de séries mio-pliocènes. Les derniers
grands mouvements tectoniques ont créé les effondrements
du Roussillon et de l'Ampurdán, régions envahies par la mer
au pliocène.
Climat des Pyrénées
Comprises entre les 42e
et 43e parallèles, les Pyrénées se situent à
la limite méridionale des latitudes moyennes, au contact des domaines
climatiques océanique et méditerranéen. La chaîne
est frappée de plein fouet par des perturbations atlantiques (flux
d'ouest, de sud-ouest, de nord à nord-ouest ), mais aussi par des
vents de sud-est venus de la Méditerranée. Ces masses d'air,
le plus souvent tièdes et humides, apportent de copieuses précipitations
qui croissent avec l'altitude. Toutefois, selon la trajectoire des flux,
toutes les parties de la chaîne ne sont pas arrosées d'une
manière équitable et simultanée. Lorsque des flux
de sud-est franchissent le faîte montagneux, les masses d'air descendent
le long du versant nord en se réchauffant : cet effet de fœhn –
appelé vent d'autan à Toulouse, vent d'Espagne par les Béarnais,
haizhegoa en basque – dégage le ciel et fait grimper les
températures. Il n'est pas rare, même en hiver, que le mercure
s'élève brusquement jusqu'à 25 °C. Inversement,
par flux de nord, le temps peut être exécrable sur le versant
septentrional, au moment où l'Aragon et la Catalogne sont ensoleillés.
Les Pyrénées
atlantiques et le versant nord-pyrénéen baignent dans une
atmosphère tiède et humide. Les précipitations (160
à 190 jours ), bien réparties sur l'année, dépassent
1 500 mm et peuvent atteindre 2 500 -3 000 mm vers 1 500 m d'altitude.
Les températures sont modérées ; le gel et les chutes
de neige sont rares dans les basses vallées. Les sommets sont enneigés
et déneigés plusieurs fois au cours de l'hiver.
La haute montagne des Pyrénées
centrales reçoit d'importantes précipitations solides : 6
m de neige au pic du Midi de Bigorre (2 877 m ). La limite des neiges éternelles
se tient entre 2 700 et 2 800 m. Les surfaces dépassant ce seuil
étant réduites, les glaciers, exposés au nord, ne
couvrent au total qu'une trentaine de kilomètres carrés (Balaïtous,
Vignemale, Gavarnie, mont Perdu ). À une altitude inférieure
à 2 700 m, les hautes vallées de direction nord-sud, en raison
de l'abri que constituent les massifs occidentaux, voient les précipitations
qui les arrosent baisser vers l'est.
Les influences méditerranéennes
prédominent sur le versant méridional. Les perturbations
de sud-est étant moins fréquentes, les cumuls pluviométriques
sont plus faibles (inférieurs à 1 200 mm ) et s'abaissent
à moins de 500 mm dans les vallées abritées. L'ambiance
continentale et sèche qui règne rappelle quelque peu les
climats semi-arides. Jouxtant la Méditerranée, les Pyrénées
connaissent à la fois des jours très pluvieux en hiver, surtout
en exposition méridionale, et des journées ensoleillées
et sèches tout au long de l'été. Le Vallespir reçoit
800 mm de précipitations, tandis qu'il tombe 500 mm par an sur le
Conflent, abrité par le Canigou. Les températures, douces
en hiver à basse altitude, sont très élevées
en été, sauf lorsque souffle la tramontane, sœur du mistral.
Végétation
des Pyrénées
Les divisions climatiques
se reflètent dans l'étagement du couvert végétal.
Les limites de la végétation se relèvent d'ouest en
est et du nord au sud, offrant une grande diversité de paysages
végétaux.
Les collines et moyennes
montagnes de l'Ouest sont le domaine de l'arbre et de l'herbe. Jusqu'à
environ 900 m règne la chênaie atlantique, composée
de chênes pédonculés, sessiles ou tauzins. Remplacée
par des champs, des prés et des landes à fougères
ou à ajoncs, elle ne subsiste ensuite qu'à l'état
de taillis.
Sur le versant septentrional
de la chaîne, la hêtraie apparaît dès 600 m pour
grimper jusqu'à 1 600 m. Elle s'enrichit de sapins à partir
de 1 000 m. Au droit des Pyrénées centrales, chacune de ces
limites se relève vers l'est. La sapinière tend à
l'emporter dans les vallées abritées, plus sèches
(Aure, Ossau, Pique ). L'étage subalpin, entre 1 600 et 2 000 m,
est composé de pins à crochets très espacés
et de rhododendrons, auxquels succède la pelouse alpine, formation
généralisée dès 2 300 m.
Sur le versant espagnol,
la chênaie méditerranéenne (chêne vert jusqu'à
700 m, chêne pubescent jusqu'à 1 200 m ) est à la base
de l'étagement biogéographique. À l'étage montagnard,
la pinède (pin sylvestre ) prend la place de la hêtraie-sapinière,
qui recherche une exposition vers le nord. Elle se maintient jusqu'à
1 800 m, où elle fait place à des pins à crochets
dont l'état se dégrade jusqu'à 2 500 m, limite de
cet arbre.
Dans les Pyrénées
orientales, selon les substrats, l'étage collinéen est constitué
de chênes verts ou de chênes-lièges. L'olivier, en l'absence
de gelées, peut se développer jusqu'à 700 -800 m.
Au-dessus règnent les pins, voire quelques hêtraies ou sapinières
sur les versants les plus arrosés. Le pin à crochets est
omniprésent jusque vers 2 300 m.
Peuplement et aménagement
dans les Pyrénées
La montagne ne cesse de
se dépeupler depuis le milieu du XIXe siècle. La population
a en moyenne diminué de moitié. Modéré en Pays
basque et dans le Béarn, le dépeuplement est plus sensible
dans les hautes vallées et dans les Pyrénées ariégeoises.
Certaines communes, où l'émigration se poursuit, ont perdu
jusqu'à 85 % de leur population (cantons de Vicdessos et de Massat
). Les densités, très faibles, sont nettement inférieures
à la moyenne nationale : de 30 h./km 2 dans le Pays basque, elles
s'abaissent entre 5 et 10 h./km 2 dans les vallées supérieures
des gaves ou celles de l'Aragon. L'«hémorragie » humaine
se solde par un vieillissement de la population et par un excédent
des décès sur les naissances. Dans le paysage, cette tendance
est attestée par le grand nombre de maisons en ruine et de villages
abandonnés, par les friches agricoles et par la reconquête
forestière des terrains de parcours.
Cette situation contraste
pourtant avec l'ancienne organisation des communautés montagnardes.
Le cloisonnement du relief condamnait jadis les hommes à vivre en
autarcie dans des vallées qui portaient presque toutes des noms
de pays : Couserans, Barèges, Capcir, Lavedan. Du Moyen Âge
à l'aube du XIXe siècle prévalut une organisation
politique et économique fondée sur les pratiques communautaires
et les droits d'usage sur les pacages communaux. Il était alors
plus facile de communiquer par des sentiers de montagne que de franchir
des gorges : malgré la frontière, l'altitude élevée
et le faible nombre de cols (ports ), la ligne de faîte n'était
donc pas un obstacle.
Le désenclavement
n'est pas survenu à l'ère industrielle. Les Pyrénées
étaient trop éloignées des centres vitaux de l'économie
française, dans le même temps où l'Espagne accumulait
les retards. La nécessité de traverser la montagne au moyen
de voies de communication rapides ne s'est donc pas imposée.
Deux autoroutes, à
chacune des extrémités de la chaîne, la franchissent
aujourd'hui. Elles ont été précédées
par le chemin de fer : une voie ferrée joint Pau à Saragosse
par le tunnel du Somport, tandis qu'une autre relie Foix à Barcelone
par le tunnel du Puymorens. La route qui conduit au col du Somport par
la vallée d'Aspe est en cours d'élargissement, au grand dam
des partisans d'une montagne que l'on souhaite conserver à l'état
presque sauvage. L'autoroute Toulouse-Bayonne, qui longe la montagne, est
en bonne voie d'achèvement, tandis que le tunnel routier de Puymorens
rapproche la Cerdagne de Barcelone.
Les transformations agropastorales
dans les Pyrénées
Les cultures tiennent aujourd'hui
une place très restreinte (10 à 15 %) dans la surface agricole
utile. Elles se cantonnent sur les collines basques et en fond de vallée.
Dans les contrées tièdes et humides de l'Ouest domine le
maïs, tandis que le blé ou l'orge se développent de
préférence dans l'Ariège et sur le versant espagnol.
L'élevage, ancienne
spécialité, reste l'activité dominante. Les ovins,
dont le nombre a diminué dans l'Ariège, se maintiennent à
l'ouest (Béarn, Pays basque ), avec surtout des brebis. La production
est en priorité vendue aux laiteries de Roquefort. Les bovins ont
suivi une évolution inverse : leur nombre a augmenté avec
la nécessité d'approvisionner en lait frais les centres de
consommation voisins (côte basque, agglomérations paloise
et perpignanaise ) ou par la possibilité d'écouler la production
auprès de fromageries industrielles (Couserans ). Des races laitières
(pie noire hollandaise, brune des Alpes ) au meilleur rendement que la
vache pyrénéenne ont été introduites.
Si l'élevage bovin
a gagné toute la chaîne, seules les régions les plus
humides, bien fournies en grasses prairies, abritent de fortes densités
de laitières. L'élevage en étable, qui se pratique
dans les Pyrénées-Orientales, obtient de bons rendements.
Source de revenus réguliers, l'élevage laitier permet la
survie de petites exploitations. Les bêtes devant rester l'été
auprès des habitations, la pratique de l'estive, qui animait la
haute montagne et rythmait la vie des villages, est en déclin. Les
pâturages d'altitude, quand ils ne sont pas abandonnés, sont
d'ordinaire réservés aux animaux voués à la
boucherie ou à quelques troupeaux transhumants.
L'industrie dans les
Pyrénées
Les Pyrénées
n'ont jamais eu la réputation d'être une région industrielle
dynamique. Quelques spécialités s'y sont pourtant établies
: toiles et linge de maison du Pays basque, filatures et tissages de la
laine associés à la confection en Bigorre et dans l'Ariège,
cotonnades du haut Ter et d'Olot, fabriques de chaussures ou d'espadrilles
des Pyrénées occidentales et de l'Aude, papeteries du Couserans,
travail du bois. La plupart de ces industries légères sont
en voie de disparition.
L'équipement hydroélectrique
a permis l'implantation de quelques grosses usines consommatrices d'énergie
: électrométallurgie de l'aluminium (Auzat, Sabart, Sabiñanigo
); fabriques d'aciers spéciaux à Pamiers et en Guipúzcoa
; électrochimie dans les vallées du gave de Pau (Pierrefitte-Nestalas,
Soulom ), de la Garonne et de la Neste. Des entreprises spécialisées
dans la construction électrique se sont installées à
Bagnères-de-Bigorre, à Lourdes et en Guipúzcoa. L'aéronautique
est à l'origine de l'ouverture d'établissements industriels
à Arudy et à Oloron-Sainte-Marie. Des firmes se sont développées
à la périphérie du massif : certaines sont liées
à la pêche et aux constructions navales sur la côte,
d'autres à la production du gaz de Lacq (électrométallurgie,
électrochimie, production électrique ).
À l'exception du
foyer industriel du Guipúzcoa, dont les activités sont très
diversifiées, les industries pyrénéennes apparaissent
donc dispersées et isolées. Loin des grandes régions
économiques et urbaines, mal desservies par les voies de communication,
nombre de ces usines sont menacées de fermeture.
L'hydroélectricité
dans les Pyrénées
L'équipement hydroélectrique
est bien développé des deux côtés de la chaîne.
À défaut d'un réseau de grandes vallées et
de réserves, les ingénieurs ont su tirer parti du modelé
glaciaire, qui a laissé sous les crêtes, entre 1 800 et 2
500 m d'altitude, une multitude de cirques et de cuvettes qu'il suffit
de barrer pour créer des lacs de retenue ou accroître leur
volume (Artouste ). On a, en outre, multiplié les prises qui collectent
les eaux des torrents pour les acheminer au moyen de galeries souterraines
vers des réservoirs. Ces installations sont perchées au-dessus
d'auges glaciaires profondes. Des conduites forcées, au pied desquelles
sont bâties les centrales, créent des chutes hautes de 800
à 1 336 m (Portillon ). Ces techniques sont utilisées aussi
bien en Espagne qu'en France. Sur le versant méridional toutefois,
dans les sierras, les gorges du Sègre et de ses affluents ont permis
l'implantation de barrages et de gigantesques réservoirs dans les
vallées, toutes ces installations étant concentrées
dans les Pyrénées centrales. Aux extrémités
de la chaîne, du côté français, dominent des
centrales au fil de l'eau. En Espagne, l'équipement est plus développé,
la Catalogne et le Pays basque abritant les deux grands foyers industriels
du pays.
Le tourisme dans les
Pyrénées
Les Pyrénées
disposent d'un large éventail d'activités touristiques encore
inégalement exploité. L'éloignement des grandes agglomérations
urbaines et le succès mitigé – du moins si on le
compare à celui des Alpes – des quelque 70 stations de
ski (Font-Romeu, La Molina, La Mongie, Saint-Lary-Soulan, Superbagnères...)
expliquent une fréquentation hivernale réduite (moins de
6 millions de nuitées ). Près des deux tiers des skieurs
sont d'ailleurs des Français et des Espagnols originaires des régions
voisines.
L'été est
la saison touristique par excellence. Les Français sont responsables
de 25 millions de jours de vacances passés dans les Pyrénées.
Les Espagnols fournissent un tiers de la clientèle totale. Aux activités
classiques d'escalade, de randonnée et de découverte de sites
majestueux (cirque de Gavarnie, pic du Midi d'Ossau, Canigou ) s'ajoute
la visite des parcs naturels, des grottes karstiques (Bétharram
), des cavernes préhistoriques ornées de peintures (Bédeilhac,
Gargas ), des châteaux cathares (Quéribus, Montségur
), des forteresses médiévales (Foix, Peyrpertuse ), des abbayes
(Saint-Bertrand-de-Comminges, Saint-Michel-de-Cuxa ), des bourgades pittoresques
(Saint-Jean-Pied-de-Port ) ou encore des villes périphériques
(Pau, Bayonne, Perpignan, Pampelune ).
Le tourisme thermal bénéficie
de l'existence d'une trentaine de stations (vingt-cinq en France ), dont
les eaux, aux propriétés thérapeutiques diversifiées,
traitent de nombreuses affections, comme à Amélie-les-Bains-Palalda,
Ax-les-Thermes, Luchon, Cauterets et Barèges. Les stations pyrénéennes
accueillent à peu près le quart des curistes français
(135 000 personnes, auxquelles il faut ajouter 200 000 accompagnants ).
Lourdes reçoit des millions de pèlerins venus du monde entier
; c'est le centre qui possède la plus grande capacité d'hébergement.
Tout porte à croire que le désenclavement des Pyrénées
servira en premier lieu le développement touristique.
Parcs nationaux et réserves
naturelles des Pyrénées
Le bouquetin Longtemps montagne
refuge, les Pyrénées, exceptionnel carrefour bioclimatique,
abritent une faune et une flore importantes, dont quelques espèces
rares ou endémiques. On remarque surtout le vautour fauve, originaire
du désert, la perdrix des neiges, venue du monde polaire, l'ours
brun, hôte des forêts, l'euprocte (sorte de salamandre ), ou
encore le pottock, cheval à demi sauvage de la taille d'un poney.
L'isard, le bouquetin des Pyrénées, le lagopède et
le gypaète barbu sont également bien représentés.
Les amateurs de plantes peuvent admirer le lys, l'androsace et la gentiane.
Trois parcs ont été délimités. En Catalogne,
celui d'Aigues Tortes, créé en 1955, couvre 10 200 ha à
la frontière occidentale de l'Andorre. Il vient d'être porté
à 22 400 ha pour pouvoir bénéficier d'une reconnaissance
par l'Unesco. En Aragon, le parc national d'Ordesa (15 709 ha ) date de
1918 ; englobant le mont Perdu (3 355 m ), sa superficie a septuplé
en 1978. Il est adossé au parc national des Pyrénées
occidentales. De la haute vallée d'Aspe à celle d'Aure, le
parc français s'étend sur 45 707 ha, étagés
entre 1 100 m et les 3 298 m du Vignemale ; il se prolonge à l'ouest
avec les 2 300 ha de la réserve naturelle de Néouvielle,
l'une des douze réserves disséminées sur les deux
versants de la chaîne.
LES PYRENEES ORIENTALES
(Le Roussillon)
Les Pyrénées-Orientales,
situées aux confins de la frontière espagnole et de la mer
Méditerranée, font partie de la Région Languedoc-Roussillon
avec l'Hérault, l'Aude, le Gard et la Lozère, et correspondent
à l'ancienne province du Roussillon. L'agglomération de Perpignan,
le chef-lieu, concentre l'essentiel de la population, estimée à
392 020 habitants [1999 ].
Géographie
Mosaïque de petits
pays, les Pyrénées-Orientales (4 087 km² ) sont avant
tout dominées par trois sommets : le Carlit (à 2921 m ),
séparé du Puigmal et du Canigou (respectivement 2909 et 2785
m ) par la vallée du Têt et le haut bassin de Conflent. La
montagne est également découpée par les bassins de
Vallespir (vallée du Tech ) au sud, de Capcir (haute vallée
de l'Aude ) et de Cerdagne (haute vallée du Sègre ) à
l'ouest. Au sud-est, le chaînon granitique des Albères, extrémité
orientale des Pyrénées, retombe sur la Méditerranée
par les abrupts de la côte Vermeille. Plus au nord, le littoral,
rectiligne et lagunaire, est bordé d'étangs. Il est relayé
vers l'intérieur par la plaine du Roussillon, limitée au
nord par les collines du Fenouillet et la retombée méridionale
des Corbières.
Économie
Le secteur agricole a su
profiter des conditions climatiques favorables pour s'orienter vers les
cultures fruitières et légumières, particulièrement
dans la plaine du Roussillon, ainsi que sur les terrasses alluviales du
Vallespir et du Conflent. Les collines des Aspres (au sud du Canigou )
portent aussi des vignes. Mais la montagne reste le domaine de l'élevage
(également dans la Cerdagne et le Capcir ), de la forêt et
du tourisme. Les activités industrielles ont du mal à se
maintenir dans ce département déjà peu industrialisé
: notons l'industrie de la conserve, qui s'est développée
en relation avec la production de fruits et légumes (surtout autour
de Perpignan ), le traitement des anchois pratiqué à Collioure
et Port-Vendres (port de pêche industrielle ), la fabrication de
papier à cigarettes à Perpignan, ou encore la papeterie à
Amélie-les-Bains-Palalda.
La variété
des paysages (mer et montagne ) est un atout pour le développement
du tourisme, autre activité économique importante. La côte
et ses ports de plaisance, plus particulièrement de Port-Barcarès
à Saint-Cyprien, donnent lieu à un tourisme estival et balnéaire.
La montagne, quant à elle, permet les sports d'hiver (à Font-Romeu,
Les Angles, Porté-Puymorens, etc.), les randonnées (près
des lacs de montagne comme Le Lannoux ou les Bouillouses ), ou même
le thermalisme (Amélie-les-Bains-Palalda, Le Boulou, Vernet-les-Bains
).
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